Les 10 plus grands sites archéologiques antiques au Pakistan
Le Pakistan porte en lui l'une des plus anciennes traditions urbaines de l'humanité. La vallée de l'Indus abrita, à partir du IIIe millénaire avant notre ère, une civilisation d'une sophistication remarquable : des villes planifiées à l'orthogonale, des systèmes d'assainissement avancés, une écriture encore non déchiffrée. Après son déclin, la région fut traversée par Alexandre le Grand, islamisée par les Sassanides bouddhistes, puis intégrée dans l'empire de la Route de la soie. Chaque ère a laissé des vestiges d'une richesse exceptionnelle, concentrés sur un territoire grand comme la France.
1. Mohenjo-daro, Sind
La plus grande ville connue de la civilisation de l'Indus (environ 2600–1900 avant notre ère), Mohenjo-daro («la colline des morts» en sindhi) couvrait environ 250 hectares et comptait peut-être 40 000 habitants à son apogée. Son plan urbanistique est d'une rigueur frappante : rues en quadrillage, maisons à cour en briques cuites au four, système d'évacuation des eaux usées avec caniveaux couverts, Grande Salle aux bains publics et une «citadelle» surélevée avec grenier et salle à colonnes. Les fouilles ont livré des sceaux en stéatite, des figurines en bronze et en terre cuite et des poids en pierre normalisés, témoignant d'une économie organisée. Classé à l'UNESCO depuis 1980. Accessible depuis Larkana.
2. Harappa, Pendjab
Deuxième grande métropole de la civilisation de l'Indus, Harappa a donné son nom à la culture Harappéenne. Les fouilles du XIXe siècle, malheureusement désastreuses — les briques furent réutilisées pour la construction du chemin de fer — ont détruit une grande partie du site. Les recherches modernes ont cependant révélé des quartiers artisanaux, des greniers, des cimetières de l'Harappéen tardif et des objets de grande qualité. Le musée sur place présente les découvertes et replace le site dans son contexte. Classé à l'UNESCO depuis 1980.
3. Taxila, Pendjab
Complexe de plusieurs cités successives dans la plaine au nord-ouest d'Islamabad, Taxila fut l'une des plus importantes villes de l'Antiquité asiatique du VIe siècle avant notre ère au Ve siècle de notre ère. Elle fut successivement sous domination achéménide, alexandrine (Alexandre passa par ici en 326 avant notre ère), maurya, gréco-bactrienne, indo-scythe et kouchane. Les fouilles de John Marshall au début du XXe siècle ont mis au jour trois villes principales : Bhir Mound (VIe–IIe siècle avant notre ère), Sirkap (IIe siècle avant notre ère – IIe siècle de notre ère) avec son plan hellénistique en quadrillage, et Sirsukh (Ier–Ve siècle de notre ère). De nombreux monastères bouddhistes parsèment la vallée. Classé à l'UNESCO depuis 1980. Accessible depuis Islamabad.
4. Takht-i-Bahi, Khyber Pakhtunkhwa
Monastère bouddhiste de la période kouchane (Ier–VIIe siècle de notre ère) perché sur une crête dominant la plaine de Mardan, à une altitude suffisante pour avoir échappé aux inondations et aux destructions, ce qui explique son remarquable état de conservation. L'ensemble comprend une cour principale avec des stupas en briques, une cour des monastères à deux étages avec des cellules de moines, une cour cérémonielle et un réservoir d'eau. Les reliefs en schiste du Gandhara, aujourd'hui dispersés dans les musées du monde entier, illustraient à l'origine les parois des stupas et des niches. Classé à l'UNESCO depuis 1980.
5. Mehrgarh, Baloutchistan
Site néolithique et chalcolithique parmi les plus anciens du sous-continent indien (environ 7000–2500 avant notre ère), Mehrgarh est considéré comme l'un des precurseurs directs de la civilisation de l'Indus. Les fouilles franco-pakistanaises depuis 1974 ont révélé des habitations en briques crues, des silos à grain, des enterrements avec offrandes et une succession de cultures céramiques couvrant plus de cinq millénaires. Les premières dentistes attestées par l'archéologie viennent de Mehrgarh — des dents présentant des forages délibérés datés d'environ 7500 avant notre ère. Site éloigné et peu aménagé, accessible depuis Quetta ou Sibi.
6. Fort de Ranikot, Sind
Souvent surnommée «la Grande Muraille du Sind», l'enceinte de Ranikot s'étend sur environ 32 kilomètres de périmètre dans les collines du Sind central, ce qui en fait l'un des plus grands forts au monde par la longueur de ses murailles. Les fortifications actuelles sont datées du début du XIXe siècle, mais des recherches indiquent que le site fut utilisé dès l'époque sassanide (IIIe–VIIe siècle de notre ère) voire plus tôt. L'enceinte renferme des citadelles secondaires et des structures d'habitation. Les origines exactes et la fonction de cette gigantesque construction restent débattues.
7. Moula Bakhsh et nécropole de Quetta, Baloutchistan
La région de Quetta et ses environs ont livré une séquence archéologique ininterrompue depuis le Néolithique jusqu'à l'âge du bronze, avec des céramiques peintes caractéristiques (style de Quetta, style de Nal) qui jalonnent les échanges entre la Mésopotamie, l'Asie centrale et l'Indus. La nécropole de Shahi Tump et les tells de Quetta documentent une urbanisation progressive au IIIe millénaire avant notre ère, contemporaine de l'épanouissement de Mohenjo-daro. Les collections sont au musée provincial de Quetta.
8. Lahore (Vieille ville et ruines d'Akbar), Pendjab
Bien que surtout connue pour son architecture moghole (Fort de Lahore et Badshahi Mosque, XVIe–XVIIe siècle), Lahore repose sur des niveaux d'occupation beaucoup plus anciens. Les fouilles sous le fort moghole ont mis au jour des structures ghaznavides (XIe siècle) et probablement plus anciennes. L'enceinte moghole, les palais d'Akbar et de Jahangir, les jardins de Shalimar et le mausolée de Jahangir à Shahdara illustrent la dernière grande phase de civilisation prémoderne de la région, dont les récentes inscriptions à l'UNESCO attestent la valeur universelle.
9. Derawar Fort et ruines du Cholistan, Pendjab méridional
Dans le désert du Cholistan, au sud du Pendjab, une ligne de forts construits le long de l'ancien lit de la rivière Ghaggar-Hakra (identifiée par certains archéologues à la légendaire rivière Sarasvati) correspond à l'extension orientale de la civilisation de l'Indus. Le site de Derawar, avec son fort impressionnant en briques cuites dont les tours rondes dominent les dunes, est médiéval mais construit sur une occupation harappéenne attestée. Les fouilles dans la région ont mis au jour une centaine de sites harappéens, dont plusieurs de taille significative.
10. Kafir Kot, Dera Ismail Khan
Complexe de temples hindous perchés sur des collines rocheuses surplombant l'Indus dans la région de Dera Ismail Khan, datés approximativement du VIIe–Xe siècle de notre ère et attribuables à la dynastie des Rais ou des Chacha. Les vestiges incluent plusieurs temples dédiés à Shiva en briques cuites, des citernes et des murs défensifs. La position sur l'Indus suggère un rôle de contrôle du trafic fluvial. Site peu fréquenté et peu documenté, accessible depuis Dera Ismail Khan.
Taxila, à 35 km d'Islamabad, est le site archéologique le plus accessible et le mieux équipé du Pakistan. Mohenjo-daro et Harappa nécessitent un déplacement plus important mais sont desservis par des vols intérieurs. Takht-i-Bahi est accessible en journée depuis Peshawar. La saison idéale pour visiter le Pakistan archéologique est l'hiver (novembre–mars), la chaleur estivale dans les plaines étant extrême. Ouvrir la carte pour localiser l'ensemble des sites et planifier votre voyage.