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Les 10 sites archéologiques les plus remarquables d'Iran

L'Iran est l'héritier de l'une des plus longues et des plus riches histoires de civilisation du monde. Le plateau iranien fut le berceau de l'empire achéménide, la première puissance mondiale à gouverner des dizaines de peuples sous une administration centralisée, et le théâtre de la renaissance sassanide qui résista à Rome pendant trois siècles. Avant les Achéménides, l'Élam et les civilisations de la plaine du Khuzestan construisaient des temples en brique depuis le IVe millénaire avant notre ère. Entre ces horizons, la Perse accumula une stratigraphie monumentale — capitales dynastiques, palais rupestres, forteresses et jardins — d'une richesse qui continue de surprendre les archéologues.

1. Persépolis, Fars

Persépolis — Parsa en vieux perse — fut la capitale cérémonielle de l'empire achéménide, commencée par Darius Ier vers 515 avant notre ère et achevée sous ses successeurs. La terrasse monumentale, accessible par le Grand Escalier de l'Apadana, portait le palais des Audiences (Apadana) dont les soixante-douze colonnes originelles se dressaient à vingt mètres de hauteur, des salles hypostyles, des palais royaux et la salle du Trône ou Palais des Cent Colonnes. Les reliefs des escaliers de l'Apadana représentent les délégations de vingt-trois nations apportant leurs tributs au Roi des Rois — un programme iconographique politique d'une cohérence remarquable. Incendiée par Alexandre en 330 avant notre ère. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.

2. Pasargades, Fars

Pasargades fut la première capitale de l'empire achéménide, fondée par Cyrus le Grand après sa victoire sur les Mèdes en 550 avant notre ère. Le tombeau de Cyrus — une chambre funéraire sur six gradins de calcaire blanc — est l'un des monuments funéraires les plus solennels de l'Antiquité. Les palais à colonnes dispersés dans un jardin irrigué (pairi-daeza, l'origine du mot paradis) et la tour de Zendan-e Solaiman complètent le site. Pasargades est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2004. Accessible depuis Shiraz.

3. Bishapur, Fars

Bishapur fut fondée par le roi sassanide Shapur Ier vers 266 de notre ère, peu après ses victoires décisives sur l'armée romaine. Les bas-reliefs rupestres de la gorge voisine de Châhâr Tarâsh commémorent ses triomphes en représentant la soumission des empereurs Gordien III, Philippe l'Arabe et Valérien. La ville elle-même comprend un palais à plan centré de type sassanide avec une grande salle voûtée, un temple du feu et une mozaïque d'influence romaine — témoignage des prisonniers romains employés à la construction de la ville. Classé à l'UNESCO depuis 2018.

4. Suse (Shush), Khuzestan

Suse est l'un des sites habités en continu les plus anciens du monde, avec une occupation ininterrompue depuis environ 4200 avant notre ère jusqu'à nos jours. Capitale du royaume élamite, puis résidence hivernale des rois achéménides, Suse fut aussi la ville où Alexandre le Grand célébra ses noces de masse. Les fouilles françaises menées depuis 1884 ont dégagé le palais de Darius, une ville royale élamite et un palais achéménide dont il ne reste que les bases des colonnes. Le musée de l'Acropole abrite des collections élamites de premier ordre. Classé à l'UNESCO depuis 2015.

5. Chogha Zanbil, Khuzestan

Chogha Zanbil est le plus grand ziggurat élamite conservé, érigé par le roi Untash-Napirisha vers 1250 avant notre ère à proximité de la capitale élamite Dur-Untash. Construit en brique cuite et brique crue sur cinq niveaux étagés, il s'élève encore aujourd'hui à une vingtaine de mètres, bien en dessous de sa hauteur originelle estimée. Des temples annexes, un palais et des hypogées royaux forment un complexe sacré d'une grande cohérence. Chogha Zanbil est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979, le premier site iranien à recevoir cette distinction.

6. Bam et sa citadelle, Kerman

La citadelle de Bam — Arg-e Bam — est la plus grande structure en adobe du monde, une forteresse médiévale construite principalement aux périodes parthes et sassanides (entre le IVe siècle avant notre ère et le VIIe siècle de notre ère) et continuellement occupée jusqu'au XIXe siècle. Gravement endommagée par le séisme dévastateur de décembre 2003 qui tua plus de vingt-six mille personnes, la citadelle est en cours de restauration progressive avec le soutien de l'UNESCO. La tour de guet, les mosquées et le bazar intérieur commencent à retrouver leur silhouette. Classé à l'UNESCO depuis 2004.

7. Naqsh-e Rostam, Fars

Naqsh-e Rostam, à quelques kilomètres de Persépolis, est une falaise rupestre aménagée en nécropole royale achéménide. Quatre tombeaux cruciformes taillés dans le roc abritent les sépultures de Darius Ier, Xerxès Ier, Artaxerxès Ier et Darius II. Au-dessous, une série de bas-reliefs sassanides commémorent les victoires de Shapur Ier sur les Romains et celles de ses successeurs. La tour de Kaaba-ye Zartosht, dont la fonction reste débattue, complète l'ensemble. Le site combine de façon unique l'usage des mêmes parois rocheuses sur huit siècles d'histoire.

8. Takht-e Soleiman, Azerbaïdjan occidental

Takht-e Soleiman — le Trône de Salomon — est un complexe zoroastrien sassanide construit autour d'un lac de cratère volcanique dans les montagnes de l'Azerbaïdjan iranien. Le sanctuaire du feu azer-gurshnasp, l'un des trois grands feux sacrés du zoroastrisme, brûlait ici au sommet d'un complexe palatial et religieux du Ve-VIe siècle de notre ère. Le site, réutilisé partiellement à l'époque ilkhanide au XIIIe siècle, conserve des murs en pisé et des tours d'angle massives. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2003.

9. Persépolis — Naqsh-e Rajab, Fars

À Naqsh-e Rajab, un vallon rocheux à quelques kilomètres de Persépolis, quatre panneaux rupestres sassanides illustrent des investitures royales et des scènes de triomphe des IIIe-IVe siècles de notre ère. Shapur Ier y reçoit son investiture des mains du dieu Ahura Mazda, dans la posture canonique de la légitimation divine sassanide. Le relief d'investiture de Kartir, le grand prêtre zoroastrien, est particulièrement important pour l'histoire religieuse de l'empire sassanide.

10. Hegmataneh (Ecbatane), Hamadan

Hamadan, dans le Zagros, est généralement identifiée à l'antique Ecbatane, capitale des Mèdes et résidence estivale des rois achéménides. Des fouilles entreprises dans le centre de la ville moderne ont dégagé des vestiges du Ier millénaire avant notre ère, bien que la superposition de la ville actuelle rende les investigations difficiles. Le lion de pierre, probablement une sculpture funéraire hellénistique du IVe siècle avant notre ère, est le monument antique le plus visible de la ville. Des fouilles récentes ont mis au jour des structures achéménides à quelques mètres sous les rues actuelles.

Conseils pratiques

La meilleure saison pour visiter l'Iran est le printemps (mars-mai) ou l'automne (septembre-novembre). Les températures estivales sont extrêmes dans le Khuzestan et le Fars. Shiraz est la base naturelle pour Persépolis, Pasargades et Naqsh-e Rostam, qui peuvent être visités en deux jours. Chogha Zanbil et Suse sont accessibles depuis Ahvaz. Un visa est requis pour la plupart des nationalités. Ouvrir la carte pour localiser l'ensemble des sites archéologiques iraniens et planifier un itinéraire à travers les grandes dynasties de la Perse antique.