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Top 10 des ruines antiques en Albanie

L'Albanie est l'une des destinations archéologiques les plus méconnues d'Europe. Son territoire, qui correspond en grande partie à l'antique Illyrie, a été colonisé par les Grecs dès le VIIe siècle avant notre ère, puis intégré à l'Empire romain, qui y construisit des villes remarquables. La période byzantine et médiévale a laissé ses propres strates, et le tout est enchâssé dans des paysages de montagne et de côte encore peu envahis par le tourisme de masse. Les voyageurs qui s'y aventurent découvrent des sites de première importance, souvent quasi déserts.

1. Butrint

Butrint, dans l'extrême sud du pays en face de Corfou, est le joyau archéologique de l'Albanie. Habitée sans interruption depuis le VIIe siècle avant notre ère jusqu'au Moyen Âge, la ville a traversé les phases grecque, romaine, byzantine et vénitienne. Le site compact, sur une presqu'île dans une lagune, concentre un théâtre grec du IVe siècle avant notre ère remarquablement conservé, un baptistère paléochrétien orné d'une mosaïque polychrome du VIe siècle parmi les plus belles des Balkans, des thermes romains, des remparts aux portes successives de plusieurs époques, et une citadelle vénitienne médiévale. Patrimoine mondial de l'UNESCO. Ouvert à l'année, accessible depuis Saranda.

2. Apollonia

Apollonia, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Fier, fut fondée par des colons de Corinthe et de Corfou vers 588 avant notre ère. À son apogée hellénistique, elle comptait peut-être 50 000 habitants et était réputée pour son école de philosophie — l'empereur Auguste y étudia. Il subsiste une odéon partiellement restaurée, un bouleutérion (salle du conseil), un nymphée, des portiques et d'importantes sections de remparts. Un musée sur place expose sculptures, monnaies et céramiques. Le site se visite depuis Fier ou depuis Berat.

3. Byllis

Byllis, perchée sur un plateau à 524 mètres d'altitude dans le district de Fier, est une cité illyro-grecque fondée au IVe siècle avant notre ère. La ville fut le siège d'une colonie romaine à partir du Ier siècle avant notre ère et prospéra jusqu'à l'Antiquité tardive. Les fouilles italo-albanaises ont mis au jour un stadium grec bien conservé, plusieurs basiliques paléochrétiennes dont certaines à mosaïques, et d'imposants remparts cyclopéens. La vue panoramique sur la vallée de l'Aoûs (Vjosë) est spectaculaire.

4. Antigonea

Antigonea, dans la vallée du Drino, fut fondée vers 297 avant notre ère par le roi Pyrrhus d'Épire — le même dont les « victoires à la Pyrrhus » sont restées proverbiales — en l'honneur de son épouse Antigone. La ville occupait un plateau fortifié de plus de 40 hectares. Les fouilles ont révélé une agora, un portique dorique, des maisons à péristyle et un réseau de rues orthogonales. La ville fut détruite par les Romains en 167 avant notre ère lors de leur campagne contre Persée de Macédoine. Peu visitée, accessible depuis Gjirokastra.

5. Amantia

Amantia, dans le district de Vlora, est une cité illyrienne active du IVe au IIe siècle avant notre ère, dont le théâtre — partiellement fouillé — est l'un des mieux conservés d'Albanie. Les remparts en grand appareil rectangulaire s'étendent sur plusieurs kilomètres et atteignent encore plusieurs mètres de hauteur en certains endroits. La ville fut ensuite occupée à l'époque romaine. Le site est peu aménagé pour les touristes mais accessible depuis Vlora.

6. Phoinike (Finiq)

Phoinike, dans la région de Saranda, fut l'une des plus importantes cités de l'Épire antique. Les fouilles albanaises et italiennes y ont découvert un quartier hellénistique bien préservé, avec des maisons à péristyle, des rues dallées, des mosaïques et une synagogue — la plus ancienne connue dans les Balkans occidentaux, datant du IVe siècle de notre ère. La ville fut fortifiée à plusieurs reprises entre le IVe et le IIe siècle avant notre ère.

7. Dimale

Dimale, au nord-est de Vlora, est une cité illyrienne dont les remparts en pierre calcaire, longs de plusieurs kilomètres et par endroits encore hauts de 4 mètres, forment l'un des périmètres défensifs les mieux conservés de toute l'Illyrie antique. Les fouilles y ont mis au jour des maisons hellénistiques, un secteur artisanal et des tombes. Le site offre une vue imposante sur la plaine côtière.

8. Albanopolis

Albanopolis, probablement identifiable à des vestiges situés dans la région de Mat, est citée par Ptolémée comme la principale ville des Albanoi, tribu illyrienne dont dérive peut-être l'ethnonyme « Albanais ». Peu fouillé, le site garde encore beaucoup de secrets archéologiques, mais sa position dans l'histoire de la toponymie le rend particulièrement symbolique.

9. Oricum

Oricum (l'actuelle Eriçiuk), dans la baie de Vlora, fut un port fondé par des colons eubéens et joua un rôle stratégique lors des guerres civiles romaines : Jules César s'en empara en 48 avant notre ère pour y débarquer ses troupes contre Pompée. Les vestiges incluent des sections de remparts hellénistiques et romains, ainsi que les restes d'un théâtre.

10. Durrës (Dyrrachium)

Durrës, aujourd'hui la deuxième ville d'Albanie, fut fondée par des colons de Corinthe et d'Épidamne au VIIe siècle avant notre ère et devint sous Rome l'une des cités les plus importantes des Balkans occidentaux — point de départ de la Via Egnatia vers Constantinople. Un amphithéâtre romain du IIe siècle de notre ère, capable d'accueillir 15 000 à 20 000 spectateurs, est partiellement enfoncé dans le sol urbain et ouvert aux visites. Le musée archéologique de Durrës expose des collections grecques, romaines et paléochrétiennes de grande qualité.

La plupart des sites albanais sont ouverts au printemps et en été ; les conditions d'accès varient selon les sites, certains nécessitant une voiture et des chaussures de marche. Pour localiser tous ces sites sur une carte interactive, ouvrez la carte et explorez le patrimoine antique des Balkans.